“Une jambe dans le plâtre entraîne souvent bien plus de sympathie et de compassion qu’un mal-être intérieur. Pourtant, on peut n’avoir aucun bleu sur le visage, aucune ecchymose à montrer mais souffrir de l’intérieur”. Pourquoi s’obstine-t-on à dissimuler nos blessures de l’âme, alors qu’elles sont déjà suffisamment invisibles ? “La société préfère ne pas les voir” : la phrase d’introduction du livre est laconique, brutale mais terriblement vraie.

“J’ai mal et pourtant, ça ne se voit pas” est un livre graphique, québécois, multiprimé au Canada ( a remporté le Prix du livre jeunesse des Bibliothèques de Montréal).  Il explique avec des mots simples le quotidien de personnes fragiles psychologiquement, des individus “lambda”, qui pourraient être un frère, une sœur, un père, une mère, ou bien nous-même. Lucile de Pesloüan et Geneviève Darling, l’auteure et l’illustratrice ont choisi de parler de la santé mentale avec des mots simples, des personnages ordinaires afin de permettre au lecteur de pouvoir s’y identifier plus facilement. La palette de sujets abordés est très diverse : on y parle de suicide, d’anorexie, de boulimie, d’anxiété, d’estime de soi, le tout dans un contexte actuel bien analysé.

« Je passe mon temps à regarder la vie extraordinaire des autres sur Instagram… je ne pense qu’à ça. »

Comprendre la maladie psychique lorsque l’on y est pas directement confronté n’est pas chose aisée. L’aborder de cette manière, en coordonnant des témoignages justes avec des visuels métaphoriques, relève de la maîtrise littéraire. D’ailleurs le livre est accessible à partir de 11 ans. Pratique quand on veut expliquer la santé mentale aux enfants-jeunes adolescents. Le tout est agrémenté de références bibliographiques pour aller plus loin !

Un livre à retrouver aux Editions de l’Isatis (29 octobre 2018)

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