Une étude franco-canadienne a été menée pendant six ans sur un panel de plusieurs milliers d’étudiants afin d’obtenir grâce à l’intelligence artificielle les principaux facteurs prédictifs du suicide chez les jeunes.

L’intelligence artificielle infiltre notre quotidien à bien des égards de la sélection de nos groupes d’amis sur les réseaux sociaux, à la reconnaissance vocale de nos appareils électroniques, en passant par la reconnaissance faciale. Elle est aussi en train de bouleverser la médecine et pourrait révolutionner la psychiatrie en mal de vocations (de plus en plus d’étudiants en médecine délaissent cette spécialité) et qui surtout, doit faire face à une considérable augmentation de la demande depuis le début de la crise sanitaire.

Une étude ciblant la population jeune

Des chercheurs franco-canadiens ( une collaboration entre des chercheurs de l’Inserm, de l’Université de Bordeaux et des universités de Montréal et McGill au Québec) ont mis au point une technique d’intelligence learning permettant de détecter des indices de comportements suicidaires parmi la population étudiante. Pour parvenir à de tels résultats, les scientifiques se sont basés sur des réponses à des questionnaires remplis par les participants à l’étude. 5 066 étudiants ont été suivis entre 2013 et 2019 et ont du répondre à deux questionnaires en ligne renseignant à la fois leur santé, leurs consommations de drogue et d’alcool, leurs antécédents médicaux et psychiatriques ainsi que leur état psychique.

Cette méthodologie semble en somme classique et pourtant, il s’agit d’une méthode d’apprentissage automatique (également appelé apprentissage machine ou apprentissage artificiel et en anglais machine learning), qui consiste à analyser simultanément de nombreux facteurs associés au risque suicidaire et permettant de classer par ordre d’importance les facteurs les plus mis en avant par ces étudiants, parmi lesquels, les pensées suicidaires, de l’anxiété, des symptômes de dépression et de l’estime de soi. Ces quatre indices permettraient de détecter environ 80% des comportements suicidaires lors du suivi, parmi le panel de 70 prédicteurs potentiels mesurés. 

Pourquoi c’est prometteur ? 

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans et les étudiants sont particulièrement exposés au risque de comportements suicidaires. Plus globalement, avec environ 9 000 décès par suicide par an, la France présente un des taux de suicide les plus élevés d’Europe.

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