Maladie mentale, handicap mental ou psychique (…) : difficile pour bon nombre d’entre nous de connaître la définition exacte de l’autisme. Voici quelques clés pour mieux comprendre ce trouble neurodéveloppemental.

Le 2 avril dernier avait lieu la journée mondiale de l’autisme. L’occasion de rappeler une définition dont les critères ont souvent changé au cours de l’histoire. En 1911, un psychiatre suisse du nom d’Eugen Bleuler invente le terme d’autisme pour qualifier certains symptômes de la schizophrénie. Il faut attendre 1943 pour qu’un autre spécialiste, Leo Kanner, fasse la distinction entre l’autisme infantile précoce et la schizophrénie infantile. Depuis plus d’un siècle, la caractérisation de l’autisme typique a largement évolué et intègre désormais un ensemble plus vaste regroupé sous le nom de trouble du spectre de l’autisme (TSA). Ce trouble, qui se met en place généralement avant la naissance, se manifeste notamment par des altérations des interactions sociales, des problèmes de communication (langage et communication non verbale), des troubles du comportement correspondant à un répertoire d’intérêts et d’activités restreint, stéréotypé et répétitif
des réactions sensorielles inhabituelles.

Non, ce n’est pas une maladie mentale

Contrairement aux idées reçues, l’autisme n’est pas une maladie mentale ou un trouble mental d’après le sens donné par le DSM-5, le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (« Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders »), publié par l’American Psychiatric Association. Un trouble mental est défini comme étant  un syndrome caractérisé par des perturbations cliniquement significatives dans la cognition, la régulation des émotions, ou le comportement d’une personne qui reflète un dysfonctionnement dans les processus psychologiques, biologiques, ou développementaux sous-jacents au fonctionnement mental.

Le trouble du spectre de l’autisme est, quant à lui, classifié au sein de la catégorie des troubles neurodéveloppementaux. Il est également erroné d’affirmer qu’il s’agit d’un handicap mental, qui qualifie à la fois une déficience intellectuelle (approche scientifique) et les conséquences qu’elle entraîne au quotidien (approche sociale et sociétale). En effet, 70% des personnes avec un TSA n’ont pas de trouble du développement intellectuel associé selon la Haute Autorité de Santé (HAS). Même raisonnement avec la notion de handicap psychique qui est la conséquence de diverses maladies (troubles névrotiques graves comme les TOC (troubles obsessionnels compulsifs).

En revanche, il n’est pas exclu que l’autisme et les TSA s’accompagnent de problèmes psychiatriques tels que la dépression ou l’anxiété. C’est d’ailleurs parce qu’il provoque une certaine vulnérabilité au quotidien que l’autisme est considéré depuis 1996 comme un handicap, à part entière. Cette reconnaissance donne accès ainsi accès aux personnes qui en sont atteintes, à un certain nombre de droits sociaux.