Qui sont vraiment les psychopathes qui peuplent notre imaginaire et nos fictions ? N’y a-t-il pas derrière l’usage courant du mot “psychopathe” un abus de langage (comme c’est souvent le cas avec les termes “schizophrène” ou “bipolaire”, utilisés à tort et à travers). Employer le terme «psychopathe» comme synonyme de «malade mental» est déjà erroné. En effet, la psychopathie recouvre une multitude de réalités, de profils variés. On estime d’ailleurs que 1% de la population serait concernée par ce trouble.

Un trouble de la personnalité

Pour le comprendre, il est nécessaire d’en délimiter les contours. Il ne s’agit donc pas d’une maladie mentale ou psychiatrique mais d’un trouble de la personnalité, une notion qui explique les difficultés pour la personne à s’intégrer normalement en société, dans ses relations. Le trouble de personnalité dyssociale se manifeste par une indifférence froide envers les sentiments d’autrui, une tendance à avoir une attitude irresponsable de manière persistante, un mépris des règles et des contraintes sociales, une incapacité à maintenir des relations interpersonnelles, une très faible tolérance à la frustration, un abaissement du seuil de décharge de l’agressivité voire de la violence, une incapacité à éprouver de la culpabilité ou à tirer un enseignement des sanctions, et une tendance à blâmer autrui ou à fournir des explications plausibles pour expliquer un comportement.

Un autre cliché entoure la psychopathie. Il s’agit d’associer tous les psychopathes à des actes violents, sanguinaires comme l’on voit dans les films. C’est encore une fois plus compliqué que cela. Le docteur Pham interrogé par Slate explique qu’il existe «différents profils de psychopathes. Ils partagent un certain nombre de points communs : la manipulation, l’indifférence aux autres, le parasitisme social, parfois le passage à l’acte délictueux. Mais tous ne franchissent pas le passage à l’acte violent. De même, il est faux de penser que ces personnes sont des causes perdues pour la société. Plus ce trouble est diagnostiqué tôt, plus il est facile de trouver des réponses thérapeutiques.

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