Halte aux clichés : maladie psychique ne rime pas forcément avec hospitalisation psychiatrique obligatoire. D’ailleurs, la plupart des malades ne vivent pas en structure médicale, mais chez eux !

Non, tous les malades psychiques ne sont pas “enfermés” dans des hôpitaux psychiatriques, aussi communément appelés par le passé “asiles”. Il existe une multitude de situations qui correspondent à une multitude de cas individuels. Ainsi, la France compte quatre types de structures d’accueil et d’accompagnement des personnes malades psychiques.

D’abord, elle vient d’être citée, la structure hospitalière et médicale, complétée ensuite par la structure médico-sociale généraliste ou spécialisée puis la structure sociale généraliste ou spécialisée pour les personnes en situation de handicap psychique – la nuance avec la précédente tient dans l’absence de notion “médicale” – et enfin l’habitat inclusif.  Sans oublier aussi, les logements privés individuels. D’ailleurs, la plupart des personnes ayant des troubles mentaux graves vivent aujourd’hui hors de l’hôpital psychiatrique.

L’importance du logement comme quête d’autonomie

Le volet de l’hébergement est important dans l’accompagnement des personnes présentant des troubles psychiques car il incarne le premier pas dans la vie de la cité. Or, des études montrent que les personnes en situation de handicap psychique ont encore un accès au logement plus difficile que la population générale.

Pourtant, renouer avec un quotidien qui n’était plus familier, à savoir faire ses courses, assurer les tâches ménagères (…), représente beaucoup dans la quête d’une nouvelle autonomie. En ce sens, les appartements thérapeutiques, gérés par des équipes de psychiatrie, permettent aux résidents de bénéficier d’une transition en douceur entre l’hospitalisation et la réinsertion.

L’accompagnement médico et/ou social

Les personnes en situation de handicap psychique dépendantes ou exclues socialement peuvent intégrer des structures collectives ou individuelles, coordonnées par des acteurs de l’action sociale et médico-sociale. C’est le cas des maisons d’accueil spécialisées (MAS), foyers d’accueil médicalisés (FAM), foyers de vie (FdV), appartements de coordination thérapeutique (ACT), foyer d’hébergement pour travailleurs handicapés (qui ont la RQTH, en ESAT ou non).

Par ailleurs, d’autres établissements s’inscrivent dans la logique de réinsertion sociale sans mention “médicale”. On compte notamment l’appartement accompagné type « Familles gouvernantes » ou autres initiatives, les pensions de famille (ex maisons relais), les résidences accueil, les CHRS (Centre d’hébergement et de réinsertion sociale).

L’alternative de l’habitat inclusif

Si ces structures constituent pour la personne un nouveau point de départ, elles n’ont pas vocation à être des solutions pérennes. Ce qui est toutefois le cas de l’habitat inclusif, qui constitue la résidence principale de la personne. Il offre non seulement une voie de désengorgement des services d’hospitalisation mais proposent des projets de vie aux personnes en situation de souffrance psychique. Ce type de logement d’habitation regroupé, assorti d’un projet de vie sociale et partagée, ressemble à une colocation classique, si ce n’est que les colocataires sont des personnes d’âge, de revenu, d’handicap, de situation familiale et de parcours de vie différents et qu’ils peuvent recourir à des services d’accompagnement.